L’ERP en mode Cloud va-t-il tuer l’ERP traditionnel ?

Face à l’explosion du cloud computing, l’ERP en mode SaaS est de plus en plus apprécié par les entreprises. A contrario, le traditionnel modèle d’ERP sous licence  pourrait lui, être peu à peu relayé au second rang des préférences.

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L’engouement pour le cloud computing ne fait à présent plus de doutes. L’annonce  par Oracle du rachat de Netsuite, leader sur le marché de l’ERP et du CRM en mode cloud, en témoigne. Cette nouvelle acquisition marque incontestablement la volonté du géant américain d’occuper une place de premier  plan sur ce marché.

Les autres éditeurs ne sont pas en reste. Ils sont de plus en plus nombreux à proposer leurs solutions en mode SaaS, à l’image de Cegid Groupe. Jean-Michel Aulas, fondateur de la société, confirme cette tendance. Pour lui,  « Cegid arrive à la maturité du modèle et est passé de celui de développeur de logiciels à celui d’usine à cloud ». Patrick Bertrand, dirigeant de la société, rappelle lui que « sur les 400 000 utilisateurs des solutions Cegid, 150 000 le sont désormais en SaaS, soit le double de 2012. Le SaaS est le driver du marché ». Il ajoute que la croissance  « dans le cloud dépasse les prévisions des analystes ».

En réalité, cette tendance au cloud s’explique par le nombre d’avantages qu’offre ce modèle. En adoptant le mode SaaS, les entreprises réduisent leur investissement initial. Selon une étude dirigée par le cabinet de conseil Accenture : « un système ERP sur le cloud permettrait de réduire de 30 à 50% le coût de possession pour une entreprise comparé aux systèmes ERP internes ». Avec une solution en mode SaaS, on consomme le logiciel tel un service. Par conséquent, les entreprises vont pouvoir utiliser uniquement ce dont elles ont besoin via un abonnement mensuel. Ce modèle leur permet de contrôler leurs dépenses et de les ajuster en fonction des besoins. L’ERP traditionnel occasionne des coûts bien plus importants en raison d’une implémentation plus longue liée notamment à l’achat d’une licence et d’un serveur.

Le  recours au cloud reste tout de même à nuancer. De très nombreuses entreprises s’inquiètent, en effet, de la fuite de leurs données ou des piratages qui pourraient intervenir en hébergeant leurs solutions sur le cloud. Selon maître François-Pierre Lani, avocat associé chez Derriennic & Associés, « les craintes des grands comptes face à la virtualisation des ERP constituent un faux débat ». Il assure que « les offres de cloud computing permettent, aujourd’hui, de garantir à l’utilisateur une haute disponibilité des systèmes et des données, tout en préservant leur confidentialité et leur sécurité. Il suffit pour cela d’obtenir les bonnes garanties contractuelles».

Selon une étude du cabinet de recherche américain Gartner, 1000 milliards de dépenses dans le cloud sont prévues à l’horizon 2020. Si on se fie aux tendances actuelles, on peut tout de même conclure que l’ERP en mode SaaS a de beaux jours devant lui.

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