Nous abordons aujourd’hui un sujet qui concerne directement les professionnels de l’accueil à domicile : la déclaration fiscale des assistantes maternelles. Ce processus annuel suscite de nombreuses interrogations, notamment concernant les calculs d’abattement et les revenus à déclarer. Pour l’année fiscale 2022, déclarée en 2023, nous constatons que 320 000 assistantes maternelles agréées exercent en France selon les dernières statistiques du ministère des Solidarités. Parmi elles, une majorité opte pour le régime forfaitaire plutôt que le régime général, pour des raisons que nous détaillerons. Cette déclaration nécessite une rigueur comparable à celle que nous appliquons quotidiennement dans nos activités professionnelles, où chaque donnée compte pour optimiser les résultats.
Les fondamentaux du régime forfaitaire pour les professionnels de la petite enfance
Nous privilégions généralement le système d’abattement forfaitaire, car il s’avère nettement plus avantageux que le régime classique. Ce dispositif fiscal spécifique reconnaît que notre domicile constitue notre outil de travail principal, engendrant des dépenses en eau, électricité, chauffage et usure du mobilier.
Connaissez-vous le montant de l’abattement forfaitaire pour une journee complete d’accueil ?
Concrètement, l’administration fiscale nous autorise à déduire automatiquement trois fois le SMIC horaire par journée d’accueil de huit heures ou plus. Pour les accueils inférieurs à huit heures, nous calculons cet abattement en multipliant le nombre d’heures réelles par trois SMIC horaires. Cette méthode de calcul présente une complexité certaine, notamment lorsque nous gérons plusieurs contrats simultanément.
Le montant du SMIC évoluant régulièrement – il a connu trois revalorisations en 2022 – nous devons être particulièrement vigilants lors de nos calculs. Pour 2023, le SMIC horaire brut s’établit à 11,52 euros, ce qui modifie sensiblement les montants d’abattement comparativement aux années précédentes. Cette évolution impacte directement nos déclarations, nécessitant une mise à jour systématique de nos tableaux de calcul.
Nous recommandons vivement de conserver un registre précis des heures d’accueil effectif pour chaque enfant gardé. Les absences pour convenance personnelle, bien que rémunérées, ne comptent pas dans le calcul de l’abattement. Seules les présences réelles entrent en ligne de compte, principe fondamental qui explique pourquoi notre documentation quotidienne s’avère essentielle.
Traitement des revenus et particularités déclaratives
Nous utilisons systématiquement le salaire net imposable tenant compte de l’exonération fiscale, figurant sur nos bulletins Pajemploi. Cette ligne englobe déjà les indemnités d’entretien et de repas que nous fournissons. Toutefois, lorsque les parents apportent les repas de leurs enfants, nous devons ajouter manuellement cette valeur à nos revenus déclarés.
La déclaration s’effectue par employeur et non par contrat, distinction cruciale pour les fratries. Pour deux enfants d’une même famille, nous cumulons les heures d’accueil des deux contrats en utilisant la fiche de paie unique émise par Pajemploi. Cette approche simplifie considérablement les démarches administratives tout en respectant le cadre légal.
| Type d’accueil | Base de calcul | Abattement applicable |
|---|---|---|
| Journée complète (≥8h) | 1 jour | 3 × SMIC horaire × 8 |
| Journée partielle (<8h) | Nombre d’heures réelles | 3 × SMIC horaire × heures |
| Accueil périscolaire | Heures effectives | 3 × SMIC horaire × heures |
Les heures complémentaires et supplémentaires constituent un point délicat. Nous constatons régulièrement des erreurs dans les montants préremplis par l’administration. Pour rectifier ces données, nous multiplions le nombre d’heures additionnelles par notre tarif horaire contractuel, qu’il soit majoré ou non. Ces heures bénéficient d’une exonération fiscale jusqu’à 7 500 euros annuels depuis 2022, contre 5 000 euros auparavant.
Le décalage de paie entre décembre et janvier nécessite une attention particulière. Le salaire de décembre 2022, versé en janvier 2023, doit être déclaré avec les revenus 2023 lors de la campagne fiscale 2024. Cette règle s’applique systématiquement, créant parfois une confusion que nous devons anticiper.

Optimisation pratique et points de vigilance
Nous avons identifié plusieurs situations récurrentes nécessitant une vigilance accrue. L’abattement forfaitaire ne peut jamais excéder le montant des revenus perçus. Lorsque nos calculs aboutissent à un abattement supérieur aux salaires d’un employeur, nous devons plafonner cet abattement au montant exact des revenus, ramenant ainsi le revenu imposable à zéro.
Pour remplir efficacement notre déclaration en ligne, nous procédons méthodiquement :
- Nous accédons à la rubrique « Traitements et salaires » de notre espace personnel
- Nous localisons les cases 1BA pour les revenus avant abattement
- Nous cliquons sur l’icône de modification (crayon) pour détailler par employeur
- Nous saisissons les revenus avant abattement pour chaque employeur
- Nous indiquons le montant calculé de l’abattement correspondant
Les indemnités journalières de maladie versées par la Sécurité sociale ou l’IRCEM doivent figurer dans la case 1AJ ou 1BJ, séparément de nos revenus d’activité. Cette séparation garantit un traitement fiscal approprié de ces sommes, qui ne bénéficient pas du même régime d’imposition que nos salaires habituels.
Nous rencontrons également des situations spécifiques avec les enfants en situation de handicap, pour lesquels certaines majorations peuvent s’appliquer. Bien que les modalités précises varient selon les départements, nous conseillons de contacter directement le centre des impôts pour obtenir les informations adaptées à chaque situation particulière.
Vérifications finales et conservation des justificatifs
Nous recommandons systématiquement de simuler l’impact fiscal avant validation définitive. Le site des impôts propose un outil de simulation permettant de visualiser instantanément l’effet de notre déclaration sur notre taux de prélèvement à la source. Cette fonctionnalité nous aide à identifier d’éventuelles erreurs de saisie avant confirmation.
La conservation des documents probants s’impose durant trois années minimum. Nous archivons méthodiquement nos fiches de paie Pajemploi, nos cahiers de présence et nos attestations parentales concernant les repas fournis. Ces éléments constituent notre protection en cas de contrôle fiscal, démontrant la rigueur de notre gestion administrative.
Pour les repas apportés par les familles, une attestation écrite précisant le montant journalier appliqué évite toute contestation ultérieure. Lorsque nous utilisons le forfait standard de l’administration (environ 5 euros), aucune justification supplémentaire n’est requise, simplifiant ainsi nos démarches documentaires.
Nous constatons que la maîtrise de cette déclaration fiscale requiert une approche méthodique similaire à celle employée dans nos projets professionnels : documentation rigoureuse, vérifications systématiques et anticipation des échéances. Cette rigueur administrative garantit non seulement notre conformité réglementaire mais optimise également notre situation fiscale, contribuant ainsi à la pérennité de notre activité professionnelle.
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