Vous lancez une activité d’achat-revente en auto-entreprise et vous voulez savoir exactement ce que vous allez payer, quand, et sur quelle base ? Ce guide pratique clarifie, pas à pas, les charges et la fiscalité d’un micro-entrepreneur, pour piloter votre gestion financière sans stress. Je pars du concret, avec des repères chiffrés et des exemples terrain.
Objectif simple : savoir estimer en amont ce qui sortira de votre chiffre d’affaires, anticiper la TVA si vous franchissez les seuils, et éviter les écueils classiques (trésorerie trop courte, CFE oubliée, mauvaise déclaration de revenus). En fil rouge, suivez Élise, qui revend des accessoires de maison en ligne : vous verrez comment elle arbitre ses options fiscales et structure sa trésorerie au fil des mois.
Charges du micro-entrepreneur en achat-revente : guide pratique et repères chiffrés
En achat-revente, la règle de base est limpide : la plupart des prélèvements sont calculés sur votre chiffre d’affaires, pas sur la marge. Comptez en régime courant autour de 13 % reversés à l’Urssaf et aux impôts (hors CFE), si vous optez pour le prélèvement libératoire.
Avant de lire
Estimez rapidement vos charges : entrez votre CA mensuel prévu
- Cotisations sociales (maladie, retraite, allocations familiales) : taux indicatif achat-revente 12,3 %.
- Impôt sur le revenu : soit au barème via la déclaration de revenus (micro-BIC), soit au prélèvement libératoire à 1 % (option).
- CFP (contribution à la formation professionnelle) : 0,10 % du chiffre d’affaires.
- CFE (cotisation foncière des entreprises) : montant communal, facturé en décembre, indépendant du chiffre d’affaires.
| Nature de la charge | Taux achat-revente | Assiette | Périodicité | Repères utiles |
|---|---|---|---|---|
| Cotisations sociales (Urssaf) | 12,3 % | Chiffre d’affaires encaissé | Mensuelle ou trimestrielle | Protège maladie, retraite, etc. Payable même si marge faible. |
| Prélèvement libératoire IR (option) | 1 % | Chiffre d’affaires encaissé | Avec la déclaration Urssaf | Transparence et simplicité de trésorerie ; sinon barème micro-BIC. |
| CFP | 0,10 % | Chiffre d’affaires encaissé | Avec la déclaration Urssaf | Ouvre des droits à la formation, utile pour le e-commerce. |
| CFE | Variable (minimum communal) | Valeur locative ou base minimale | Annuel (décembre) | Exonération 1re année civile et si CA annuel < 5 000 €. |

Cotisations sociales : ce que vous payez vraiment
Pour 1 000 € encaissés, prévoyez environ 123 € de cotisations sociales. Ce montant tombe même si vous avez vendu à perte : d’où l’intérêt d’un suivi serré des coûts d’achat, des frais de plateforme et des retours.
Prélèvement libératoire ou barème ?
Le prélèvement libératoire à 1 % donne une visibilité immédiate. Sans cette option, vous déclarez vos recettes en micro-BIC avec un abattement forfaitaire (achat-revente) avant calcul au barème. Faites un test comparatif avant de choisir.
Élise, qui débute, a choisi le prélèvement libératoire pour lisser sa trésorerie les six premiers mois, puis refera un point une fois sa marge stabilisée.
Fiscalité, TVA et déclaration de revenus en auto-entreprise d’achat-revente
En dessous des seuils légaux, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la taxe et ne la récupérez pas sur vos achats. Au-delà, vous basculez à la TVA (perte de la franchise selon les règles de dépassement) : impact direct sur vos prix et votre marge, à anticiper.
Si vous n’optez pas pour le prélèvement libératoire, vos recettes partent en micro-BIC dans votre déclaration de revenus, avec abattement forfaitaire propre à l’achat-revente. Le bon réflexe : archiver vos justificatifs et tenir une comptabilité simplifiée mais irréprochable (livre des recettes, pièces de dépense).
Cas réel 2023 : 5 000 € de chiffre d’affaires en août
Déclaration en septembre : 615 € de cotisations sociales (ou environ 320 € si vous étiez sous ACRE 1re année), 5 € de CFP et, si option prise, 50 € de prélèvement libératoire. Il reste 4 330 € avant coût d’achat des marchandises et frais annexes. Cette mécanique reste la même en 2026, sous réserve de légères mises à jour de seuils.
Pour simuler vos scénarios (avec ou sans option fiscale), vous pouvez consulter ce guide complet sur les charges en achat-revente et utiliser un simulateur dédié afin d’éviter les mauvaises surprises.
Piloter sa gestion financière et sa comptabilité : méthodes concrètes et outils
Votre meilleur allié reste une routine simple, répétée chaque mois. Élise s’y tient pour absorber les à-coups de ventes et lisser ses règlements Urssaf et sa future CFE.
- Affecter dès l’encaissement 14 % du chiffre d’affaires sur un sous-compte “charges et impôts” (12,3 % + 0,10 % + 1 % de sécurité).
- Suivre la marge article par article : coût d’achat, frais de port, commissions, retours, emballage.
- Faire un point TVA mensuel : progression vers les seuils, impact prix/marge si bascule.
- Bloquer chaque trimestre une enveloppe CFE (estimation minimale communale) pour éviter la tension de fin d’année.
- Activer vos droits CFP pour des formations e-commerce/marketing financées.
Deux ressources utiles pour sécuriser vos démarches : un dossier pour lancer votre entreprise en toute sérénité avec l’INPI, et une piste pour compléter ses revenus à la retraite via la micro-entreprise si vous diversifiez vos activités.
Le petit plus qui fait la différence
Programmez un rappel mensuel : vérification des encaissements, point marge, estimation des charges à venir, sauvegarde des justificatifs. Vingt minutes bien investies évitent trois heures de rattrapage et des sueurs froides à la prochaine échéance.
Cette hygiène de gestion, régulière et lisible, rend vos décisions plus sereines : acheter mieux, ajuster vos prix, ou geler une promotion quand la marge ne suit pas. C’est l’esprit de ce guide pratique : de la clarté pour décider juste, au bon moment.
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