Le rachat d’entreprise est une étape majeure qui bouleverse souvent l’organisation interne et soulève des interrogations légitimes, notamment sur les indemnités de licenciement. En 2026, avec l’évolution du cadre légal et l’intégration de France Travail, la protection des salariés s’en trouve renforcée et la question des droits au moment du transfert devient centrale. Quel impact ce changement entraîne-t-il sur les contrats et les primes de départ ? Que doit savoir un repreneur pour gérer les licenciements économiques dans le respect des obligations de l’employeur ? Cet article propose un éclairage clair et précis pour appréhender ces enjeux essentiels et éviter les déconvenues.
Le cadre légal du transfert des contrats en cas de rachat d’entreprise
La reprise d’une entreprise, qu’elle prenne la forme d’une acquisition d’actions ou d’une fusion, implique automatiquement le transfert des contrats de travail au nouvel employeur selon l’article L1224-1 du Code du travail. Cela garantit aux salariés la continuité de leurs droits, y compris leur ancienneté, leur qualification et leur rémunération. Cette protection est impérative, qu’il s’agisse d’un rachat classique ou d’une reprise dans un contexte économique difficile.
Le nouvel employeur n’a pas la possibilité de modifier unilatéralement les contrats sans accord. En cas de désaccord, le salarié reste libre de quitter l’entreprise, sans que cela n’impacte ses indemnités légales. Cette disposition vise à assurer la sécurité juridique des salariés et à éviter les ruptures précipitées et injustifiées.

Indemnités de licenciement : calcul et principes en 2026
Les indemnités de licenciement lors d’un licenciement économique post-rachat s’appuient sur le calcul légal, qui demeure la référence minimale. Pour un salarié en CDI, l’indemnité se calcule ainsi :
- 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à dix ans ;
- 1/3 de mois de salaire par année au-delà de dix ans.
Cependant, les conventions collectives peuvent fixer des conditions plus favorables qui priment sur la loi. Il est donc indispensable pour l’employeur de vérifier cette dimension lors d’un rachat.
| Ancienneté | Indemnité minimale légale |
|---|---|
| Moins de 10 ans | 1/4 de mois de salaire par année de service |
| Plus de 10 ans | 1/4 de mois pour les 10 premières années + 1/3 par année supplémentaire |
Le salaire de référence retenu correspond généralement à la moyenne des 12 derniers mois ou des 3 derniers mois avec primes. Cette méthode garantit un calcul juste en tenant compte des variations de rémunération et du temps partiel éventuel.
Licenciement économique suite à un rachat : les obligations de l’employeur
Le licenciement économique, qui peut être envisagé après une reprise, ne peut être appliqué que sous conditions strictes. Le nouvel employeur doit démontrer un motif réel et sérieux lié à la situation économique (baisse d’activité, difficultés financières, restructuration…).
Il doit aussi respecter la procédure légale, notamment la consultation du conseil social et économique (CSE) dans les entreprises de plus de 50 salariés et proposer des alternatives avant d’entamer des licenciements. Le non-respect de ces étapes peut conduire à la requalification des ruptures en licenciements abusifs avec des conséquences financières lourdes.
Pour éviter toute surprise, mieux vaut intégrer dès l’audit préalable les paramètres du « passif social », c’est-à-dire les indemnités de licenciement potentielles, lors du rachat. Cette démarche protège le repreneur et assure une transition plus sereine.
Les droits spécifiques des salariés en CDD et autres contrats particuliers
Pour les salariés en CDD, la loi protège également leurs droits en fin de contrat. Si le contrat arrive à échéance sans renouvellement, une indemnité de précarité d’au moins 10 % de la rémunération totale leur est versée, sauf cas exceptionnels où ce taux peut être réduit.
En cas de rupture anticipée par le repreneur, celui-ci doit verser des dommages et intérêts équivalents aux salaires restants, en plus de l’indemnité de fin de contrat. Les autres types de contrats, comme l’apprentissage ou l’alternance, ne suivent pas ce régime mais restent soumis aux droits acquis et indemnités éventuelles.
Utiliser l’indemnité de licenciement comme levier pour un nouveau départ
Depuis la montée en puissance de France Travail, le cumul des indemnités de licenciement et d’un projet entrepreneurial, comme le rachat ou la création d’une micro-entreprise, est désormais plus accessible. Pour un salarié licencié après un rachat, l’indemnité devient une véritable force financière pour rebondir.
Ce capital d’investissement peut ainsi servir à racheter une entreprise déjà établie, limitant les risques comparés à une création ex nihilo. Les conseils d’un expert restent toutefois recommandés pour bien préparer ce virage.
- Contrôler les contrats avant rachat,
- Évaluer précisément le passif social,
- Respecter le cadre légal des licenciements,
- Concilier indemnités légales et conventionnelles,
- Considérer l’indemnité comme un apport financier stratégique.
Pour approfondir vos connaissances en matière de droit du travail, ce guide pratique apporte des réponses essentielles à toutes ces interrogations souvent complexes.
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Questions sur les indemnités de licenciement et le rachat d’entreprise.














